[Récit] Vivian Born nous raconte sa Ronde de l'Isard et son Tour de Gironde

[Récit] Vivian Born nous raconte sa Ronde de l'Isard et son Tour de Gironde

Ronde de l'Isard

C’était donc ma deuxième Ronde de l’Isard après mon expérience peu réussie de l’an dernier. L’objectif était de prendre un maximum de plaisir et d’essayer de ne pas se mettre trop la pression. Au départ on était six de La Bande : Lucas Destang, Baptiste Lavigne, Arnaud Gleizes, Anthony Miranda, Ayumu Watanabe et moi-même.

Première étape :

Le jeudi, c’était une étape vallonnée propice aux sprinters, celle où je ne devais pas concéder de temps mais aussi aider un maximum Lucas en cas d’arrivée massive. Seulement, les circonstances de courses ont été spéciales et l’étape a été annulée. Deux grosses chutes ont immobilisé la voiture médecin et les ambulances loin derrière le peloton et la course a été neutralisée sous la tempête. On se gelait vraiment, à l’arrêt ! Les coureurs ont fait grève car la course ressemblait à rien, on s’arrêtait, on repartait etc. Ouf, sauvé : le froid et moi c’est incompatible !

Deuxième étape :

Le vendredi, c’était l’arrivée en haut de l’Hospice de France. Il y avait un peu de vent en début d’étape, c’était très nerveux… J’ai mis beaucoup de cartouches à rester placé et j’étais rincé dans la vallée avant le col des Ares. Heureusement il y a eu tempo et j’ai pu délasser les jambes sur le petit plateau dans les Ares. Derrière, ça a embrayé fort jusqu’au pied de l’Hospice et je remercie Lucas qui m’a placé tant bien que mal avant le col final. Dans l’Hospice, j’étais rincé des efforts précédents et je prends une branlée : 55ème à 6 minutes…

Troisième étape :

Samedi c’était l’étape reine avec Pailheres, Chioula, Beille. 145 kilomètres, 3800 de dénivelé positif. Aïe. Même scénario, ça a roulé très fort sur le plat avant le col, ça ne se posait pas comme les années précédentes et rien qu’être à l’avant du peloton n’était pas facile. Dans Pailhères j’ai sauté, j’ai eu un peu peur de me faire sauter le moteur et je bascule loin. Après j’ai fait journée remontada puisque je monte les 3 cols de la journée au même rythme. Diesel (rires). Je rattrape 10 mecs dans Chioula et 20-25 dans Beille. Du plaisir !

Quatrième étape :

Dimanche, pour la dernière, je ne voulais avoir aucun regret et donc essayer de suivre les meilleurs le plus longtemps possible. On partait par le col de Montségur, où j’étais vraiment bien. J’ai vu que les jambes étaient là, en haut on était plus qu’une cinquantaine. Malheureusement, certains gars sont rentrés derrière voiture et on était quasiment au complet au pied du port de Lhers… Là c’est monté avec le train de la BMC, ça sautait de l’arrière. Je connaissais bien l’étape et je ne me suis pas affolé, la montée est spéciale par à-coups. Je bascule dans un groupe de 10 à 1 minute d’un gros peloton de 25, dommage… Derrière on est restés groupés à 10 battus dans le col d’Agnès et le col de Latrape. Sur les 50 derniers kilomètres de vallée, j’étais fou, personne ne forçait vraiment (à part moi rires), et on a perdu beaucoup de temps. Je termine 33ème pour clôturer une belle ronde.

Donc une ronde de l’Isard ni ratée ni réussie, la forme est allée crescendo au fil des étapes car je pense avoir fait trop de récupération avant. J’aurais aimé prendre une échappée, mais cette année c’était vraiment du pilotage, impossible pour les régionaux de vraiment faire la course ! Je n’avais pas vraiment d’ambition car nous ne jouons pas à armes égales face aux pros ou équipes réserves qui font des courses de cette ampleur tous les week-ends. L’important était de se faire plaisir ! Je regrette un peu de ne pas avoir été vraiment en forme, mais au moins je ne suis pas passé à côté comme l’an dernier. Dans tous les cas je remercie encore Max (Massat) de nous permettre de vivre des expériences comme ça, et tous les gens qui ont été sur le bord de la route pour nous encourager, nous ravitailler, ainsi que Marc, Valéry (staffs) et les parents des coureurs qui nous ont hébergé.

 

Tour de Gironde

 

En sortant de l’Isard, j’étais un peu cramé et j’ai fait pas mal de récupération pour bien enchaîner avec le tour de Gironde. C’est censé être le cran au-dessus en termes de niveau puisque c’est une internationale 2.2, alors que l’Isard n’est qu’une internationale 2.2 moins de 23 ans. Mais le plateau n’était pas comme les années précédentes et j’ai vraiment trouvé ça facile comparé à l’Isard !

Le samedi on avait tous un peu peur de l’étape de 203 kilomètres, j’avais jamais dépassé 192 dans ma vie et 175 en course. On avait la chance d’avoir Lucas Destang et Clément Bazin qui étaient du coin, ils connaissaient les pièges. Ils nous ont dit "Kilomètre 15 risque de cassure", et forcément ça a cassé. On se trouvait tous à l’arrière sauf eux deux… J’étais énervé car j’étais vraiment bien et je ne pensais pas que ça casserait si facilement, j’avais pas l’impression que ça roulait si fort. Derrière, à chaque Grand Prix de la Montagne, je me suis mis à fond pour lancer quelque chose. Ça rentrait tout le temps et honnêtement je n’y croyais plus, il y avait 1 minute 30 secondes d'avance! J’ai donc accéléré dans une bosse pour passer mes nerfs sur les pédales, mais sans réel but. Comme quoi, il faut y croire jusqu’au bout, sept gars sont rentrés sur moi sur le haut. On a comblé 1 minute 30 sur les 30 de devant après 10 kilomètres de chasse.

J’étais bien, mais je savais que je paierais ces efforts. On était donc 38 devant, ça tournait plus ou moins jusqu’à ce que les Grands Prix de la Montagne s’enchaînent, provoquant des attaques des favoris. C’était un peu le bordel, on a fait du 30/30 pendant une demie heure jusqu’à ce que ça casse. Lucas et Clément n’étaient vraiment pas loin, ils répondaient bien aux attaques. Moi j’étais rôti, je rentrais au train. Résultat des courses : 10 devant, 8 en contre et nous à 15 derrière, et le peloton relégué à 7 minutes. Chacun passait ses relais jusqu’au circuit final où j’ai pas pu m’empêcher de mettre une sacoche au pied de la bosse raide, je termine 21ème juste derrière Clément qui rentre sur moi à la flamme. Assez content pour une épreuve de ce niveau !

Le dimanche un sprint était envisageable et on a Lucas Destang et Thomas Couturet de rapides. On a mal commencé en ratant l’échappée de 17, mais Lucas nous a demandé de réagir avec Nicolas Chatelet. J’ai passé 1 kilomètre de relais, et Nicolas… 60 kilomètres.

Une vraie locomotive, il a tiré le paquet seul et repris la plupart des échappées! Ils n’étaient plus que 6 devant. Les favoris ont essayé de bouger, le profil n’était pas assez dur. Je me suis refait la cerise et je suis allé aider les 3 autres, j’ai fait porteur d’eau et je suis allé rouler dans le final. Je regrette de ne pas être assez puissant pour vraiment reprendre du temps, mais j’aurais essayé. Je me place bien, donc j’ai réussi en virant fort à revenir dans les premières positions sur le dernier tour pour épauler Lucas et Thomas. Malheureusement un coup est parti aux 4 kilomètres avec 8 costauds et je n’ai pas pu le suivre. Nous aurions dû avoir un gars dedans mais il y a eu une mésentente sur le moment… Après j’ai vite réagi pour rouler avec Clément mais nous n’avons fait que maintenir l’écart à 10 secondes. Quand je m’écarte aux 300 mètres, j’étais rincé mais quand je vois que Lucas termine 9ème en réglant facilement le peloton j’ai espoir pour la suite. On a un vrai sprinter et c’est une chance, je pense que le groupe a pris confiance sur cette course. De plus je termine ma première classe 2 avec une 20ème place au général, donc très satisfait !

 

Crédit photo illustration : photos vélo

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