Florian Sénéchal :"Même en étant leader, il me manquait quelque chose"

Florian Sénéchal :"Même en étant leader, il me manquait quelque chose"

 

« J'ai toujours conservé des contacts avec Patrick »

 

Comment est venue votre affection pour les flandriennes ?

Les classiques, c'était mes courses préférées. Quand on les regardait à la télévision, c'était Tom Boonen, c'était Cancellara, c'était de belles batailles et ça donnait envie d'y être. Puis quand j’ai couru en junior en Belgique, c'est là où j’étais le mieux. C'est pendant ces courses que je me suis dit qu’en professionnel, je ferais ces classiques qui, en plus, étaient dans ma région.

Comment aviez-vous intégré la réserve de l’équipe d’Omega Pharma-Quick Step en 2012 ?

En 2011, j’ai gagné Paris-Roubaix junior, puis j'ai eu plusieurs contacts avec certaines équipes comme l'Armée de Terre ou Nogent-sur-Oise. C'est chez cette dernière que je devais normalement aller mais j'ai fait un stage avec la réserve de Quick Step. Et à l'issue de ce dernier, ils m'ont demandé si j'étais intéressé pour intégrer la réserve Etixx-iHNed .

Est-ce vous qui êtes allé vers eux, ou bien l’inverse ?

C’est un de leurs soigneurs qui est venu me parler. Il m'a proposé un stage avec un email de la secrétaire Du coup ça m’a convaincu du sérieux de la démarche.

Partir à l'étranger ça ne vous effrayait pas à l’époque ?

Je me suis dit “Pourquoi pas ? ”. Partir à l'étranger, ça se tente. Personne ne le fait en France, on reste tous en DN1, tandis que là j’allais pouvoir faire des courses différentes de ce que l’on connaît habituellement en junior. Ce stage, c'était vraiment quelque chose ! C'était une fierté de pouvoir dire aux autres que j’avais des contacts avec cette équipe. Ce stage, ça m'a vraiment plu et c’est après j'ai intégré l'équipe Etixx-iHNed.

L’expérience a-t-elle été bonne ?

C’est la meilleure chose que j'aie pu faire. J’y ai énormément appris.

Malgré tout à la fin de la saison vous signiez chez Cofidis. Lefevere n’a pas voulu vous conserver ?

En 2013, j'ai eu un problème de dos et je me suis fait opérer d'une hernie discale. Pour ma sécurité Patrick Lefevere m'a dit de faire un an en continental. Moi de mon côté, j'avais une proposition de Cofidis et donc j'ai décidé de partir là-bas. Mais j'ai toujours conservé des contacts avec Patrick ainsi qu'avec d'autres membres du staff ces 4 années.

Avez-vous craint que ces problèmes aux dos ne vous handicapent dans le futur ?

Oui, ma blessure au dos m'a fait peur mais j'ai beaucoup travaillé le renforcement musculaire au niveau du dos pour y remédier C'est désormais une histoire ancienne, même si j'y fais toujours gaffe.

Pourquoi avoir privilégié la piste Cofidis ?

C'était une équipe française et en plus j'avais eu un très bon contact avec Éric Boyer à l'époque. Il avait insisté pour que j'aille chez eux et moi, je ne voulais pas trop attendre comme le souhaitait Quick Step. Je voulais aller direct dans le grand bain.

Retenez-vous un événement particulier de ces 4 années passées chez la structure nordiste ?

J'ai plein de bons souvenirs chez Cofidis, mais il n’y en a pas un qui m’aura marqué plus qu’un autre. Il y a bien sûr Paris Roubaix mais également le Tour de France.

Cofidis vous avait-elle proposé une prolongation ?

Oui, mais je l’ai refusée. Je les ai remerciés pour tout ce qu'ils ont fait pour moi tout en leur expliquant que c'était une nouvelle aventure et qu’il fallait que je franchisse un palier. Cofidis n'était pas assez spécialisée dans ce type de courses.

Vous aviez conservé des contacts avec Patrick Lefevere ?

Quand j’avais l'occasion de le croiser, je lui disais toujours bonjour. Mon agent discutait aussi régulièrement avec lui. Je suis également resté en contact avec le staff ou les coureurs, dès que je voyais quelqu'un que je connaissais et qui sortait du bus Etixx – Quick-Step, je m'arrêtais pour lui dire bonjour. J'ai fait ça pendant 4 ans. J’ai par ailleurs un immense respect pour Patrick Lefevere et pour tout ce qu'il a fait pendant sa carrière.

 « être équipier ne me fait pas peur»

Quels sont vos objectifs avec ce changement d’équipe. Vous évoquiez un franchissement de palier ?

Par rapport à il y a 4 ans, j’ai évolué, mais je sens que je peux faire encore mieux et que je ne peux passer que des paliers. La progression chez Cofidis n'a pas été assez flagrante et désormais, je veux pouvoir me battre dans des grosses courses face aux plus grands coureurs. Chez Cofidis, je n'arrivais qu'à les suivre, mais maintenant, j'aimerais bien les battre à la pédale. C'est ça que je veux, c'est ça que je cherche.

Aller chez Etixx – Quick-Step, ça ne se refuse pas ?

Quick Step, c'était une étape qu'il me fallait faire pendant ma carrière. Je savais que cette année, si je refusais leur proposition, jamais je n'aurais eu pareille chance avant la fin de ma carrière. C'est la meilleure équipe où je puisse aller parmi toutes celles qui existent, et je ne vois vraiment pas pourquoi je ne serais pas allé là-bas.

Vous étiez leader chez Cofidis, et là, vous risquez de baisser d’un cran. Cela ne vous inquiète-t-il pas ?

Non, être équipier ne me fait pas peur. J'ai bien vu que, même en étant leader, il me manquait quelque chose ces dernières années. Désormais, je vais pouvoir me renforcer. Bien sûr qu’au tout début, je vais sans doute devoir me sacrifier, mais une fois que j'aurai fait mes preuves et que j'aurai pu prouver mon niveau, je pourrai attaquer en anticipant les mouvements d'un Philippe Gilbert ou Stybar, quitte à me mettre à leur service s’ils me rejoignent. Ça me permettra de tenter en temps ma chance.

Des coups à la Sylvain Chavanel sur le Tour des Flandres 2011, vous les avez en tête ?

Il y a beaucoup de coureurs qui font des résultats en attaquant de loin sur les classiques, ça arrive souvent. Pour ma part, aujourd'hui, je n'ai que 24 ans, j'ai donc le temps. Je vais faire les courses à bloc et s’il faut se sacrifier je me sacrifierai. C'est aussi comme ça que l'on apprend. Et mon rôle évoluera en fonction des différentes tactiques appliquées sur les courses et au fil des saisons.

Sportivement que peut vous apporter Etixx – Quick-Step?

Comme je le disais, je dois progresser partout. Chez eux, j'aurais peut-être un suivi encore plus professionnel, vu la taille de cette structure. En plus je vais côtoyer de grands coureurs comme  Stybar, Gilbert, Terpstra, qui me conseilleront sur la course. Puis il y aura aussi l’engouement du public... Quand on voit d'extérieur le départ des courses en Belgique de cette équipe, ça donne le frisson, on se dit qu'on aimerait bien être parmi eux. Ça sera du vélo plaisir.

Parmi les stars de l’équipe, laquelle vous fait la plus forte impression ?

Celui qui m'impressionne le plus, c’est sans doute Philippe Gilbert. C’est le plus gros palmarès et ce sera lui ma référence première dans cette équipe.

Quelques français sont ou ont été dans cette structure. Leur avez-vous demandé conseils ?

Ils m'ont tous dit que j'avais raison d'aller là-bas ! Julian a parlé en ma faveur vis à vis de l’équipe. Chavanel également m'a approuvé et Jérôme Pineau, quand je lui ai dit que je partais pour Quick Step, il m'a tout de suite dit que j'avais eu raison et que je serai à bonne école là-bas.

Avez-vous d’autres objectifs, indépendamment des classiques ?

Oui, un de mes objectifs futurs, ce serait de devenir plus fort en contre-la-montre. En junior et en espoir, j'étais vraiment fort dans la discipline, mais chez Cofidis nous n’avons pas travaillé ça. Je sais que Quick Step est à la pointe de la recherche sur ces aspects.

Pour terminer, Etixx Quick-Step semble s'être affaibli pour la saison 2018, avec le départ de grands noms comme Dan Martin ou bien Marcel Kittel, pour ne citer qu’eux. Cela ne vous inquiète-t-il pas ?

Patrick Lefevere investit dans des jeunes qui seront les champions de demain. Les grands leaders, il faut les payer et c'est aussi peut-être une question d'argent. Par exemple Marcel Kittel c’est le cas. Mais peut-être qu'en quittant Etixx – Quick-Step, il a fait une erreur car il était dans la forme de sa vie. Et peut-être qu'il ne la retrouvera jamais chez Katusha.

 

Propos recueillis par Bertrand Guyot

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